En regagnant Lorient, je repensais notre difficile travail de sélection et nos propos sincères mais souvent vains. Car enfin, peindre… Supprimer les signes, s’emparer directement des images. Peindre la lumière, l’air, le vent, les flammes, le silence. Peindre les profondeurs intérieures, les visions qui, dans le défilement du temps, changent à tout instant, peindre l’évaporation, l’informel, les sensations. Peindre, ce qui a une forme, mais sans le décrire, donner à voir un monde sensible par la fenêtre ouverte du tableau, sans jamais qu’apparaisse le fond de ce monde. Peindre là où l’on ne peut pas peindre, et là où l’on a fini de peindre, recommencer à peindre. Peindre pour rechercher l’illimité aux limites extrêmes de l’art, rendre les concepts au langage, peindre là où le langage ne suffit plus, commencer à peindre là où l’on a fini de parler. |