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Motifs très librement inspirés des fresques du 12ème siècle de l’église Saint Éloi à Chalivoy-Milon (Cher) ; sables, limons, argiles, cendres… sur toile 100 cm x 81 cm, 2008
Ces toiles ne sont faites que d’argiles, de limons, de sables et de cendres. Les motifs s’inspirent des vestiges des peintures murales qui, jadis, ornaient abondamment les chapelles et les églises du XIème au XVème siècle. Ce travail complète la série « les sites sacrés sont les synapses des neurones universels ».
Pour la Biennale, sont proposées des toiles inspirées de six lieux, traversant une petite partie de l’Europe : de la cathédrale de Tournai en Belgique au monastère de San Juan de la Peña en Espagne, en passant par la Bretagne (Kernascleden, Saint-André-des-Eaux), le Berry (Chalivoy-Milon) et l’Aveyron (Belmont-sur-Rance). La question que je me pose parfois porte sur la raison des résistances nationalistes ou ethniques : ont-elles un fondement exclusivement socio-culturel ou obéissent-elles à des nécessités biologiques enfouies ?
Cette série cherche à redonner son importance à notre patrimoine. Des fresques du XIIème siècle de l’église de Saint-André-des-Eaux (Côtes d’Armor) étaient encore bien visibles en 1922, date à laquelle des relevés de personnages ont pu être réalisés ; il a suffi du XXème siècle pour que ces scènes disparaissent.
Redonner sa place également à la terre. Les sols sont bitumés, imperméabilisés (depuis 1945, en France, la superficie construite a plus que doublé par rapport à tous les siècles précédents), souillés… Sans terre nourricière, l’homme meurt, sans territoire, il fait la guerre.
Des visiteurs pourront-ils être touchés par l’Indicible ? Le respect de l’environnement, ancrage de toutes les religions, devrait être rappelé avec plus de véhémence par les responsables de toutes les confessions, touchant ainsi la grande majorité des Terriens.
Cette relecture de notre héritage, vieux de quelques siècles, vise aussi à lutter contre l'amnésie en évoquant une certaine intemporalité. Ces motifs et ces couleurs surgissent de nos racines occidentales. Pour certains visiteurs, ils pourront résonner bien au-delà de nos frontières, comme un soupçon d'universalité. Apparaît alors l’ambition d’écouter l'autre qu'il vienne du Moyen-Âge ou d'Afrique, de la planète Mars ou de la maison d'à côté.
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