SCENES DE PLAGE
2009
La mer s'est retirée très loin, comme un escargot réfugié dans sa coquille, elle découvre un espace, humide et coloré. Quelqu'un passe.
La plage, de l'italien spiagga, pente douce, devient un espace autre, comme Michel Foucault l'a défini, une hétérotopie, c'est à dire, un autre lieu en rupture avec l'espace environnant, localisable par tous mais sans chronologie, un espace concret qui héberge l'imaginaire du peintre.
Plage et mer sont ici des lieux métaphoriques où circulent des vieillards et des enfants. Je capture un geste, j' amplifie une couleur, j' affirme une attitude, ainsi je peux les lier profondément à cette zone temporaire et fragile...cette pente douce vers la grande dissolution qui les attend. Certains vieillards s'effacent déjà, le bras ou le cou gagné par l'eau, sans que certains s'en aperçoivent. Les enfants jouent, grattent, l'immensité est loin devant eux, la mer n'est pas visible. Nous avons tous une aventure humaine à jouer, entre deux vagues, le temps d'une empreinte sur le sable. |