Valérie Gavaud

Photo dillustration : Valérie Gavaud

La peine de ceux qui rêvent de naviguer sur la mer

Cette série est née d’une rencontre, une rencontre entre un marin/navigateur et moi-même. C’est le manque d’argent pour subsister qui allait décider de cette rencontre et faire d’une pénurie financière une émouvante tranche de vie.
Nous nous rencontrâmes au fond d’une cale de bateau, qui serait pour quelques temps l’espace de nos jours, nous travaillions alors pour un architecte naval, au milieu des champs, dans un vieux hangar, loin de l’océan.
Côte à côte, chacun avec son savoir faire, enveloppé de silence et de nos rêves mis en sourdine, je ressenti sa peine, la peine de l’homme qui rêve de naviguer sur la mer.
Une peine invisible à qui ne sait pas bien regarder, une peine légère, comme une brise, dans l’attente de vivre et revivre ce rêve, ce désir : naviguer.

Voilà comment cette série a émergé de nulle part, dans les terres humides et réfractaires aux êtres qui rêvent de vent et d’écume, de houle et d’horizon infini.

Cette série fait partie d’un projet, d’un ensemble qui s’intitule « La fabrique de la solitude ». Les intentions qui m’ont amené à créer cet ensemble sont multiples mais elles servent toutes une même volonté, que je peux résumer en un mot clef : déclencher.
J’entends par déclencher, occasionner du sens, ou du moins tenter une occasion de faire sens.
Pour se faire, j’ai recours à des expériences personnelles émotionnelles et aussi à des références littéraires et plastiques ; il ne s’agit toutefois pas d’illustrer une œuvre ou une émotion mais de se l’approprier au titre de ce qu’elle peut déclencher.

La peine de ceux qui rêvent de naviguer sur la mer, la fabrique de la solitude tient son « rôle » d’occasionner une tentative d’appréhension de l’autre, de l’humain saisit dans ce qu’il dégage de non conforme.

Traquer les postures, les gestes, les soupirs et les non-dits, comme d’autres chassaient les papillons, ma démarche est celles d’une journaliste de l’âme humaine qui n’aurait pas trouvé les mots justes pour le dire, mais découvert en la peinture une forme sensible d’expression ne nécessitant pas l’accointance des explications.

Cette page a été mise à jour le Lundi 18 Juillet 2011
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